Menu gastronomique (oct-nov 2010)

On écrit peu en ce moment, je vous l’accorde, mais on se nourrit pas mal quand même. Donc au menu, une sélection très subjective des films, livres, musiques ou événements que je me suis coltinés et que je vous conseille, ou que je me programme pour les froides soirées à venir (le temps des terrasses lyonnaises jusqu’à plus soif c’est bel et bien fini, see you soon).

APERO PHOTO :

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– en apéro, un blog photo dont le travail me plait assez : http://www.cleo-nikita.blogspot.com/ (et sur FB, c’est )

– à la Maison Européenne de la Photo à Paris, pas transcendé par Breukel et Yoshida. On monte un peu en intérêt avec une partie du travail (notamment sur le choix des techniques de tirage et du papier) de Lagerfeld, et enfin on peut vraiment y aller pour les travaux photos joyeusement iconoclastes du duo Tania & Vincent, et des installations bricolo-poétiques de Fabien Chalon. Et en plus ils passent des videos et docus, où le génial et regretté Johan Van der Keuken (par ailleurs photographe) est souvent programmé.

– je vous rappelle que moi aussi, je fais un peu de photo, hein, donc vous privez pas pour aller revoir quelques archives dans le blog…

PLAT : CINE SAIGNANT:

2010-11-menu-the-social-network– « The Social Network » (D. Fincher) : un sociopathe crée un club dont il est le maître, le dieu. Il le construit, en définit les règles, le gère à l’encontre de toutes les conventions sociales. Ce club est reconnu et finit par s’autogérer. L’isolement matriciel reste inchangé, son projet de communauté sociale vit sans lui, et il y perdra plus qu’il n’y gagnera. « Fight Club » ? Non, « The Social Network ». Et c’est brillant.

– « The Housemaid » (Im Sang-Soo) : parce que le ciné asiat, même dans ses petits films, a quand même des couilles. Et que c’est bien filmé quand on y fait l’amour. Et qu’au-delà de la dialectique du maître et de l’esclave, de la lutte des classes, un très beau film sur les femmes.

– « Kaboom » (Gregg Araki) : parce qu’Araki s’amuse beaucoup depuis ses premiers films, que c’est contagieux et qu’on en redemande.

– « Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures » : pour le moment, dans mon top des meilleurs films 2010 avec « Enter the void » et « The Social Network ». Des réminiscences estudiantines d’émotions tarkovskiennes ou kubriciennes, pour dire :-). Et à peine plus de 100 000 entrées France pour cette grande Palme cannoise…

– On vous déconseille par contre le Woody Allen (« vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu »), plus que dispensable. Et peu de chances que j’aille voir « Biutiful », j’ai jeté l’éponge à espérer en Inarritu autant que la critique ciné depuis ses débuts. C’est comme sur les recettes de cuisine, c’est joli en photo mais beaucoup moins beau en vrai.

– au programme soon to come, « Vénus noire » (Kechiche), l’un des gros buzz du festival de Venise où il était présenté en septembre cette année, et dont l’unanimité critique fait plaisir à voir, pour une fois. Et « Au fond des bois » de Jacquot me titille un peu quand même aussi…

PLAT : ACCOMPAGNEMENT DIVX / DVD :

– « A bord du Darjeeling Limited » : oui, je sais, c’est pas récent mais je rattrape le retard. Pas grand fan de « La famille Tenenbaum » et de « La vie aquatique ». Squizzé Darjeeling à sa sortie, logiquement, donc. Mais je suis tombé sur le cul à la vision du « Fantastic Mr Fox » et m’étais juré depuis de voir ce chainon manquant. Ayé, c’est fait, et la conclusion c’est qu’Anderson est enfin un cinéaste adulte. Et le dépaysement en Inde, le voyage en train dans l’inconnu, sans repère, ça fait quand même bien envie aussi.

– dans la catégorie « bof pas trop top ou pas accroché », on mettra au fond de l’étagère la saison 1 de « True Blood » (bon, d’accord, le générique est le truc le plus réussi de chaque épisode, mais pour le coup le plaisir est quand même bref), et le « Boulevard de la Mort » de Tarantino (en dépit de la scène plus qu’hypnotisante de lapdance), auquel on préfèrera sans réserve le même plaisir primaire de cinéma mais bien plus communicatif de « Planète Terreur » de son compère Robert Rodriguez (foncez sur « Desperado 2 », s’il faut vraiment n’en choisir qu’un), réalisé dans le cadre du dyptique Grindhouse dont ce film de Tarantino est le pendant.

Au menu de la prochaine carte :

– coffret Fatih Akin, à la découverte des œuvres de jeunesse pré-« Head On ». (Hambourg, prépare-toi, j’arrive bientôt d’ailleurs). Special dédicace à l’une de mes femmes de l’ombre, merci pour le cadeau.

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« The Master » (Tsui Hark) : un Hark que je ne connaissais pas et dégotté par hasard. Pour ceux qui ne connaissent pas celui qui est ptèt encore plus grand que John Woo au Hong-Kong Hall of Fame, filez direct sur « Time & Tide », son chef-d’oeuvre. Hark qui a aussi présenté son dernier film à Venise, on espère très fort une sortie française.

– « Batman Begins » : pour me confirmer une fois de plus que Nolan fait des films esthétiquement plaisants, de « Memento » à « Inception », mais qui sont au final autant de déception de par un certain vide intersidéral qui traverse les films que j’ai pu voir (mais c’est pas le pire des réalisateurs, je sais)

– dans la même idée, rattraper (parfois avec un peu de honte, je l’avoue) des lacunes ou du retard avec certains réalisateurs : « Cronos » (Del Toro), « Impitoyable » (Eatwood, dont j’ai aussi au chaud la dialectique « Mémoires de nos pères »/ »Lettres d’Iwo Jima »), « L’Homme sans âge » de Coppola, « Epidemic » et « Antechrist“ d’un Trier que l’on sait capable du meilleur comme du pire.

– à noter, la sortie en novembre du DVD de MAMMUTH, juste histoire de continuer à parler des retraites, ahah !

LIVRES (FROMAGE & VIN) :

2010-11-menu-McInerney–  « La carte et le territoire » (Michel Houellebecq) : passer à côté de ce livre serait-il l’une des pires erreurs de votre vie littéraire ? A siroter et garder en bouche pour un plaisir divin.

– « Bright lights, big city » (Jay McInerney) : 1e roman de McInerney, une grosse baffe parfaite quand on a un peu eu peur de trouver quelque chose au niveau du Houellebecq. Passer après »La Carte… »n’était pas chose aisée, et ça dépasse largement les attentes. Ah bon, ça date de 1984 en plus ? Arf, ça sidère autant de talent, et l’envie de continuer l’auteur est déjà tenace ! A noter qu’une adaptation ciné a été réalisée en 1988 avec Michael J. Fox et Kiefer Sutherland, alors qu’en 2010 on s’attendrait plutôt à voir Amalric dans le rôle principal. Grand merci à une autre de mes femmes de l’ombre de me l’avoir conseillé.

DESSERT EN MUSIQUE :

2010-11-menu-BJM– Brian Jonestown Massacre, « Take it from the man » (1996) et « Give it back » (1997) : peut-être l’un des plus grands groupes de l’histoire des rockbands méconnus de l’univers… et passé au CCO de Villeurbanne au sortir du printemps 2010. Un titre ici (Cabin Fever), pour tester, même si la voix a été meilleure que là, je vous l’accorde. Tiens, encore une dédicace à une femme de l’ombre… Faut croire que la nuit est vaste, pour toutes les accueillir.

 – Saez, « J’accuse » (2009) : un rock péchu et qui colle un peu aux dents, des textes autant ciselés que primaires voire limites réacs vieux con (bah oui, il a 33 balais maintenant, plus tout jeune), avec quelques climax de tournures à la Bashung ou Gainsbourg, et de l’émotion à la Brel. Un peu seul au monde (J’assume !) pour défendre cet album que j’attendais depuis l’illumination (dans tous les sens d u terme) de sa prestation aux Victoires de la Musique 2009. Sur cette vidéo, le physique fluet des débuts est bien loin, mais quand les artistes ont une vie saine et équilibrée, ça donne le mime Marceau, et c’est quand même bien chiant, donc pas de régime Duncan pour le moment, Damien, tiens bon. Tiens, son précédent album »Debbie »emplit mon espace sonore à l’heure tardive où j’écris ce papier, du coup.

– The Roots, « Rising down » (2008) : parce que The Roots est immortel, et que du hip hop bon comme ça, on en redemandera toujours.

– et si vous êtes un peu aventuriers de la musique et amateurs de bière à 2€ maxi, y’a Grrrnd Zero qui vous surprendra (ou déconcertera) à chaque fois, entre Vaise et Gerland. Ambiance squat artistique de Berlin ou Barcelone régénératrice, à voir avant que ce ne soit retiré des rayons.

Allez, on s’arrête là, le panier est plus que garni, l’indigestion guette. Ah merde, je suis boulimique…

Des conseils, réactions ou menus, de votre côté ?

PS : pour ceux qui demanderaient le nom du resto, ça s’appelle « feeeeeemmes, je vous aiiiiiime ». Mais j’ai perdu l’adresse par contre.

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