Municipales Lyon 2014 : un chaud mois de juin

Que retenir de ce 2e tour de Primaire UMP à Lyon, qui a vu la victoire de Michel Havard sur le coriace Georges Fenech ? Que la bataille a commencé pour la droite lyonnaise, que la gauche non PS va bientôt y voir plus clair, et que l’actualité nationale rend pour Gérard Collomb la possibilité d’un grand chelem de plus en plus chimérique.

Le 2e tour de la Primaire UMP à Lyon a rendu son verdict.

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Michel Havard portera les couleurs de l’UMP lors des élections municipales à Lyon en 2014

Seul contre tous, le vainqueur Michel Havard a su mobiliser ses sympathisants dans son fief du 5e arrondissement qui a fait basculer le résultat. En effet, sans cet arrondissement, Georges Fenech l’emportait de… 16 voix. Un Georges Fenech qui a remporté cinq arrondissements sur neuf (dont les 6e et 2e détenus par l’opposition Lyon Divers Droite) et qui a décidé de rester dans la course en faisant fructifier son pactole de voix. Il espère se présenter dans le 6e ardt.

À neuf mois des municipales lyonnaises, l’UMP est donc lancée en mode campagne et a de grandes ambitions pour le printemps 2014. Michel Havard a démontré sa capacité à mobiliser dans le 5e ardt, une mairie pour laquelle il défendra ardemment sa candidature. Reste à savoir si le duel avec un Fenech agressif lui servira d’électro-choc pour durcir sa campagne et ainsi ravir des sympathisants UMP qui lui reprochent un manque de mordant dans son rôle de leader de la droite. Le fair-play de Fenech sera aussi à surveiller, tant le ton est monté entre les militants des deux candidats.

Et ailleurs ?

Ailleurs à droite, l’UDI et Lyon Divers Droite entrent doucement en campagne (et ne voient pas d’un mauvais œil la présence de Michel Havard notamment car cela leur permettrait de garder les 2e et 6e ardts). Le FN est pour le moment discret.

A gauche, la fin du mois de juin permettra d’y voir plus clair : EELV aura désigné leur binôme paritaire de tête de liste. Au Front de Gauche, le Parti de Gauche et Gauche Unitaire donneront aussi leur décision, à savoir partir en indépendants ou se joindre à la liste « Un nouveau souffle pour Lyon » initiée par EELV. Même cas de figure pour le Gram de Nathalie Perrin-Gilbert, qui par le passé a déjà fait campagne avec des membres EELV. Le PC, lui, se prononcera en octobre : le prix de sa tranquillité dans les communes environnantes qu’elle administre (Givors, etc.) passerait par un ralliement à Gérard Collomb qui en contre-partie ne placerait pas de candidat PS nuisible dans leurs villes. Ce qui au passage permettrait de garder les 12 élus PC au Conseil Municipal, donnée importante pour les finances du parti des camarades. Mais les militants sont loin d’être favorables à cette hypothèse…

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Encore plus loin…

Il y a quelques mois, le Maire de Lyon caressait le rêve d’un grand chelem sur tous les arrondissements. Le doux songe se fissure un peu, tant EELV souhaite – au moins au 1e tour – partir en liste indépendante. Et, s’il fait tout pour s’en démarquer, Gérard Collomb risque de souffrir dans les urnes de la mauvaise notoriété d’un gouvernement et d’un parti dont il se murmure que la rose n’apparaîtrait pas sur les tracts de la campagne du maire PS (amusant quand on sait que cette rose était présente sur la propagande de campagne du poulain du maire, Thierry Braillard, lors des Législatives 2012 alors que le PS n’avait pas habilité la candidature de ce dernier). L’autre événement qui a du faire frissonner Gérard Collomb, ce sont les résultats des législatives partielles de Villeneuve-sur-Lot, où l’électorat PS a déserté les bureaux de vote, l’effet Cahuzac s’ajoutant aux difficultés actuelles du parti gouvernemental. Sans compter un taux d’abstention grandissant (une abstention qui était déjà pour Lyon en 2008 d’environ 45% alors que les élections locales sont parmi les plus suivies dans les urnes par les électeurs).

Mais à chaque mois suffit sa peine.

MAJ 21 juin 2013 : correction de Grigny (mairie non PC) par Givors (mairie PC)

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