Lyon, SNCF et 30 ans de Frac : E la Nava va (à la gare)

Dans le cadre des 30 ans des Fonds Régionaux d’Art Contemporain, la SNCF accueille dans une trentaine de gares nationales plus de 60 œuvres. Pour l’occasion, l’équivalent rhône-alpin qu’est le IAC (Institut d’Art Contemporain, basé à Villeurbanne) a sorti de sa collection le dessin mural Désirs, entreprises, panorama (2001) de Stéphanie Nava. Un dessin qui s’étend sur plus de 7 m en face de l’accueil de la Gare Perrache, et redessiné en live. Visite guidée par l’artiste d’une cartographie pas si impersonnelle :

stephanie nava à l'oeuvre

Stéphanie Nava à oeuvre à la gare Perrache (Lyon)

Stéphanie Nava :

Stéphanie Nava a fait les Beaux-Arts à Valence dans les années 90, puis s’est installée à Marseille, qu’elle partage avec Londres. Elle travaille sur divers formats et supports : carnets, dessins, toutes tailles. Ses dessins muraux en sont un exemple, avec cette spécificité qu’ils sont reproductibles par d’autres qu’elle au feutre fin, par rétroprojection, ce qui fait partie du processus global de l’œuvre (à travers ce dessin, le IAC a acheté des instructions ainsi que des transparents, en somme). Cette re-création de l’œuvre, les visiteurs de la gare Perrache ont pu y assister pendant trois jours.

stephanie nava 1

fragment de « désirs, entreprise, panorama » (S. Nava, 2001)

Stéphanie Nava travaille le thème de la communauté :

Ce thème est illustré par des personnages (car il y a un travail narratif) qui ont des interactions, dans des lieux, avec cette question en point de mire : comment des espaces, définis ou non, permettent ou pas des relations entre les personnes. L’autre acteur majeur est la ville, car il s’agit d’une organisation, d’une morphologie. Comment une ville, un espace sont organisés, ce sont aussi des questions graphiques, de dessin. La part de création peut alors commencer à partir de ce corpus mêlant narration, éléments vivants et urbanisme.

stephanie nava 2

L’oeuvre : Désirs, entreprises, panorama (2001)

Ce dessin mural nécessite de l’espace pour s’exprimer, entre 7 et 9 m. Stéphanie Nava l’a réalisé à Marseille, d’un atelier à la Friche de la Belle de Mai qui surplombe la ville. D’où cette idée de panorama, mais duquel les habitants étaient initialement absents.

Dans sa composition, des scènes de la vie quotidienne et des immeubles. Les personnages font la charnière entre les blocs de la ville, dans des situations stéréotypées. Le dessin joue sur des archétypes, mais avec une échelle inversée car les personnages sont disproportionnés, beaucoup plus grands que les bâtiments. Ils n’ont pas de visage, sont autant génériques que figures d’identification. La métaphore initiale est que les constructions sont tenues par les habitants, ce sont eux qui font vivre un espace urbain.

Son style en trait plein se rapproche d’une composition architecturale, d’un traditionnel plan urbanistique. Par la neutralisation volontaire du trait, l’attention se porte sur la composition, la construction (c’est aussi cette simplicité du trait qui permet de reproduire le dessin par un autre artiste). Pourtant les apparences sont trompeuses : des fausses perspectives cavalières, des torsions dans la représentation des bâtiments apparaissent quand on s’y attarde en détail. Tout paraît bien ordonné, alors que les échelles des personnages surdimensionnés, les proportions et règles de perspectives des édifices cassent cette première impression d’ordre. C’est cet ensemble non réaliste qui crée le trouble et fait l’œuvre, la rend vivante.

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Une gare est toujours un point névralgique de l’organisation d’une ville, son point d’entrée et de sortie du périmètre urbain. Où les voyageurs courent après leur train ou attendent leur correspondance, avec son lot de stalkers désœuvrés. Et un voyage en train est autant un mouvement qu’un moment de pause. Désirs, entreprises, panorama devient ce pivot entre l’avant et l’après trajet ferroviaire car la gare, zone de transit, devient alors un temps de pause pour le spectateur qui s’attardera sur le dessin, au milieu du tumulte. Et le point de départ pour un autre voyage, plus intérieur…

Désirs, entreprises, panorama (2001) par Stéphanie NAVA
Gare Perrache (Lyon) jusqu’au 5 janvier 2014 dans le cadre des 30 ans des FRAC
En partenariat avec le IAC Villeurbanne/Rhône-Alpes

NB 1 : Stéphanie Nava exposera aussi au Musée d’Art Moderne de St Etienne dans le cadre du 4e Prix des Partenaires (vernissage le 13 novembre 2013)

NB 2 : une application mobile « Art en gare » a été développée pour l’opération (Android ici et iOs là)

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