Totipote : graff’ for fun ! #streetart

Avec THTF, Copier-Coller, Zorg and co, c’est l’un des noms inévitables du graf lyonnais : Totipote. Vous l’avez forcément rencontré si vous circulez à Lyon. Pas forcément en personne, mais parce qu’il pose son blaze un peu partout en ville, quand il ne signe pas des fresques (on a recensé plus de 300 occurences sur le Tumblr dédié). En décembre, le théâtre de Vénissieux nous donne l’occasion d’aborder une autre facette de ses activités en programmant Le vernissage (dont on a parlé ici), où il peint en live sur scène avec son acolyte stéphanois Pitr. Rencontre avec un artiste omniprésent et pourtant discret, à propos du graff, de Lyon, et de ses motivations (et une série de liens à la fin de cette interview).

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Bonjour Totipote. Tu es originaire de Lyon ?
Oui, j’ai grandi à la Guillotière, et j’ai commencé à écrire sur les murs vers l’âge de 17 ans.

Ce nom, Totipote, il vient d’où ?
Ça vient d’un mot que j’ai entendu, et qui m’a fait écho. Je cherchais justement un truc à écrire, je ne trouvais pas quoi. Je suis passé par plein de petits blazes avant d’entendre ce mot qui m’a plu, avec plein de lettres qu’on ne trouvait pas trop en graffiti, assez chiantes à utiliser. Du coup je l’ai pris, en étant à peu près sûr que je serai le seul à le faire, et qu’on le reconnaîtrait bien. Et avec le temps, ça s’est modifié, comme ça.

Il y a une démarche à mettre son nom partout ?
C’est le fait de marquer un peu tous les endroits où je me rends. Pas forcément que ce soit très visible, que ce soit une petite écriture à la craie, par exemple. Une sorte de cartographie personnelle. Quand je vais dans une nouvelle ville, je marque tout de suite, ça me permet aussi de me repérer. Et c’est marrant de retrouver sa marque à un endroit quelques années après. Je ne les note pas sur un carnet, mais je m’en souviens. C’est une sorte de mémoire retranscrite par une simple écriture.

Et la quantité, ça vient de quoi ?
C’est de l’acharnement sur les endroits où je passe vraiment beaucoup ! Et il y a des endroits où il y a tellement de graffitis que si tu veux que ça se remarque, il faut en mettre beaucoup ! Il faut en mettre à des endroits « intelligents », où les gens vont les voir. Car le but c’est aussi que ce soit vu, que ce soit par les autres graffeurs, car quand c’est du tag, de la signature, ça n’intéresse que les taggueurs et rarement d’autres gens. Les gens qui en font se disent « tiens, il est passé ici, il en a fait là… » C’est une sorte de manière de se faire remarquer aussi.

C’est une sorte de compétition ?
Oui, un peu, il y a cet esprit là.

Une compétition qui a l’air saine, car on ne voit pas trop de signatures recouvertes par d’autres…
Oui, à Lyon ça va. Il y a eu des petites guéguerres inévitables, mais c’est plutôt une concurrence cool. C’est pas la guerre à Lyon, tout le monde se respecte.

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Quand j’ai montré tes graffitis à des amis, j’ai eu des remarques sur le côté mégalo. La quantité peut aussi donner ce sentiment. Qu’est-ce que tu réponds à ça ?
(rires) L’egotrip est présent, c’est sûr, dans la démarche de mettre son nom partout. C’est forcément inclus, je ne le nie pas. Mais ça ne va pas plus loin que « coucou, je suis là ! »

Sur le nom, la graphie du nom, toutes les évolutions ou variations, ça s’xplique comment ? On est parti de Totipotente, puis Totipoten, et maintenant Totipote, Top10 ou topten…
Ce sont des recherches. Je passe du temps sur des cahiers à griffonner et il y a des écritures qui sortent. Et une lettre passe bien, alors tu te dis que tu vas l’enchainer avec celle-là… Ce sont des recherches de style, surtout.

Et ça peut virer à l’ésotérique : dans certains travaux comme place Raspail, dans une usine désaffectée, ou sur l’affiche de ton expo en juin 2013 au Cri de l’Encre à Lyon…
Oui, je fais plutôt ça dans des endroits où il n’y a vraiment personne. Je fais ça tout seul, pas pour que ce soit vu (autre que la photo). Il y a un délire de mystique urbaine, à créer des lieux un peu phares où il y aurait un code qui est rédigé. Je m’intéresse à ça, et le plus intéressant c’est de voir les réactions des gens car ils veulent savoir ce que ça veut dire, pourquoi c’est là…

promo street-art de l'expo (source : Totipote)

promo street-art de l’expo (source : Totipote)

Pourquoi graffer ?
A la base, je faisais du dessin, pas du graffiti. Le graffiti, j’y suis allé parce que c’était autre chose que ce que je cherchais en dessin. Je me satisfaisais déjà de dessiner, et j’avais envie d’une sorte de liberté, une liberté que j’ai prise. C’était une démarche plus personnelle, aller chercher quelque chose que je ne pourrais pas avoir autrement. Ce que je vais faire dans la rue pour moi, ou ce que je vais faire en dessin, c’est pas la même chose. Il y a vraiment deux recherches différentes, ce sont d’autres terrains de recherche. Graffer, c’est quelque chose qui est totalement libre. Tu ne le fais pour personne d’autre que toi. Et ça permet de rencontrer des gens, de voyager… ça ouvre plein d’autres choses au final.

Très vite des connexions avec des réseaux se font ?
Oui. Quand tu vas peindre dans un terrain, tu vas croiser et discuter avec des gens qui graffent. Après tu vas peindre avec lui, il va te faire rencontrer une autre personne… C’est une sorte d’arborescence, au final. Et forcément ce sont des réseaux que tu touches en t’impliquant dedans.

Et ce ne sont pas forcément des réseaux composés uniquement de graphistes.
Non, et c’est ça qui est bien car tu vas avoir ce point commun du graffiti avec des gens, mais ces gens ont différents profils, différentes motivations, chacun est venu au graffiti pour des raisons différentes, chacun recherche quelque chose de différent aussi. C’est très varié. Il y en a qui font ça qui ne sont pas du tout intéressé par le dessin ou par l’art en général. D’autres viennent des Beaux-Arts, de Emile-Cohl… Des gens qui bossent à l’usine… Mais je ne suis pas hyper calé pour en parler, ça fait à peine dix ans que je fais ça, que je m’y intéresse vraiment, et je ne connais pas tous les graffeurs de Lyon ou d’ailleurs.

Dans tout ce que tu fais, il y a du sens ? Un sens global ?
Oui mais c’est un sens personnel. Et c’est une recherche graphique, donner une esthétique nouvelle à du graffiti pour sortir du graffiti hip hop classique. Faire des choses nouvelles, en utilisant de nouveaux outils, des esthétiques nouvelles…

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En gros, si on reprend tout ce que tu fais, tu as des cycles ou tu traites ces différentes esthétiques simultanément ?
En gros j’ai trois axes de travail :
– le tag, ce délire d’écriture du nom
– les symboles ou les signes, de grande échelle, dans des lieux isolés
– et les fresques, qui sont plus de l’amusement, avec des potes. On va se retrouver une après-midi à peindre…

Ces fresques ne sont pas toujours isolées, on en voit d’assez imposantes dans les rues de la Guillotière ou sur les pentes
Le but en ville est que ce soit vu par les gens. Des trucs joyeux, sympa, colorés.

Le fait de mélanger différentes techniques, comme la bombe, la peinture, la craie…
Je fais pas mal de craie en ce moment, car j’aime bien le tracé, la couleur, la texture de la craie. J’aime de moins en moins le trait net, j’aime bien le trait un peu dégueulasse de la craie. Je fais pas mal de sérigraphie à côté, j’ai aussi attaqué la gravure, et récemment la lithographie. De plus en plus je vais vers des rendus graphiques qui sont de moins en moins lisses, de plus ne plus texturés. Le rendu lisse, je m’en éloigne de plus en plus. D’où la craie, qui a ce truc texturé.

Et ces différentes techniques, textures, sont utilisées sans hiérarchie, sur les trois thématiques dont tu as parlées auparavant ?
Oui, je mélange tout ! J’essaye le maximum d’outils. J’ai tout le temps été comme ça, même avant le graffiti, à expérimenter de nouvelles techniques, etc. Mais ça ne va pas être dans la rue, ça va être en atelier.

Tu as un atelier ?
On avait avant un atelier participatif à la Guillotière, qui s’appelait Anthracite, qui a duré 2 ans. On a fermé en janvier 2014. Du coup je suis allé dans des ateliers collectifs, ou je bossais chez moi en dessin ou gravure.

Et la litho ?
Je fais ça à Strasbourg dans des ateliers associatifs, où je vais pas mal ces derniers mois.

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Dans les inspirations, on trouve des portraits, des bestiaires, du symbolique…
Pour les personnages, je m’inspire beaucoup de la mythologie, des arts traditionnels. Pour l’écriture aussi. Je recherche beaucoup d’anciennes écritures, ou des écritures primitives aussi. Pour le reste des inspirations, je suis touché par beaucoup de mouvements en peinture, tout ce qui est art brut, le futurisme… Et ça continue encore, je découvre toujours des nouvelles choses… l’inspiration est surtout graphique en tout cas.

Il y a une démarche, un projet global qui se construit au fur et à mesure ?
Non, je ne vois pas les choses trop grandes, je vois déjà les choses à mon échelle ! S’il y a un projet, c’est plus d’ordre collectif, à vraiment créer une identité à Lyon. Une identité créative avec pas mal de gens qui sont plus dans l’édition ou l’illustration. Avec des gens comme Madame Lapin, notamment. Et le projet global, c’est de se rassembler avec des gens qui ont des savoir-faire, des pratiques différentes, dans un lieu où l’on va pouvoir produire des choses qualitatives qui ont une identité qui se démarque de tout ce qui se fait

C’est dans cet esprit, les collaborations picturales avec des gens comme Zorg ou copier-coller ?
Oui, même si ces collaborations sur des fresques, comme je le disais, c’est du loisir, de l’amusement. Quand je vais peindre avec les potes, y’a pas d’autre but que l’amusement, et Zorg ou copier-coller ne sont pas dans ce projet d’atelier car ils font d’autres choses, sont sur d’autres projets. Le travail d’atelier se fait avec d’autres personnes. Et varier les collaborations, c’est important, pour ne pas s’enfermer dans des habitudes.

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Tu as des propositions payées pour des fresques ?
Oui de temps en temps. Et à côté, je joue dans un spectacle qui s’appelle Le vernissage (compagnie La quincaillerie moderne), qui est autour de la démarche du graffiti. Je fais ça avec Pitr, un peintre de St Etienne. C’est un projet qui tourne depuis deux ans, et je les ai rejoints il y a un an. On va d’ailleurs jouer à Lyon fin 2014 au Théâtre de Vénissieux. En plus du spectacle, on va animer des ateliers dans les collèges et les lycées car beaucoup de scolaires viennent nous voir. Je ferai surtout des ateliers sérigraphie ou graffiti. J’aurais bien aimé aussi faire des ateliers fabrication de livre, comme je l’ai déjà fait dans une école maternelle.

Quelle est la réaction des gens, quand ils te voient graffer en live ?
Les gens aiment bien, en général ! J’ai peint au printemps sur les pentes de la Croix-Rousses, des gamins sont venus, on a peint ensemble, c’est un truc qui amène tout de suite quelque chose de vivant. Quand tu fais une fresque, les gens sont contents. Plus que quand tu fais des tags sur un mur… Mais c’est aussi arrivé que des gens appellent les flics…

Et tu fais quoi dans ce cas-là ?
En général je les attends et je discute. On n’est pas des sauvages. Et s’il n’y a pas de plainte de déposée, ils n’ont aucune raison de t’emmener ! Quand ce sont des murs abandonnés, ils ne vont pas faire grand chose… C’est arrivé plusieurs fois que la police vienne, qu’on discute en leur disant bien qu’on fait de la peinture et qu’au final ça se termine par « ok, terminez bien, au revoir ». Les flics sont comme nous, s’ils ont moins de boulot ils sont contents, hein ! Et si des sociétés sont appelées pour enlever les graffitis ou les tags, c’est bien, ça fait du boulot ! Mais parfois il y a des trucs incompréhensible, la ville va nettoyer un graffiti, mais va laisser un collage, alors que le mec qui aura collé l’aura fait dans la même démarche. Un tag n’intéressera personne, alors qu’un collage d’un portrait par exemple, va plus toucher les gens. Ça devient subjectif, du coup, ce qu’on laisse, ce qu’on enlève…

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Il y a une différence entre le graffiti (ou tag) et le street-art ?
Les gens qui font du tag n’ont rien à voir avec ceux qui font du street art. Le tagueur va être dans un truc de passionné, qui aura encore plus de choses à apporter que quelqu’un qui va faire un collage ou une affiche. Il y a des gens qui vont avoir une démarche beaucoup plus aboutie dans le tag que quelqu’un qui va faire une peinture et qui va la coller dans la rue. Et malheureusement, les gens ne voient que ce ce qui est fait en street art et dénigrent totalement le graffiti. Quand tu peins une fresque, souvent on entend de la part des gens « c’est mieux que les écritures ». Mais pour moi, c’est plus intéressant d’aller regarder les écritures sur les murs car il y a beaucoup plus de choses derrière. Sur la forme c’est peut-être moins intéressant mais dans le fond, ça l’est beaucoup plus. Mais le public sera plus ouvert sur des travaux plus graphiques, une belle image… En tout cas, ce qui m’intéresse le plus, c’est le tag. Il y a tellement à creuser !

La démarche de Birdy kids de commercialiser ses productions et essayer d’en vivre est pas forcément appréciée de tous, dans le milieu. Tu te positionnes comment sur ce sujet ?
J’aimerais bien vivre de ce que je fais, donc je ne suis pas contre, à la base, et je le fais un peu aussi. Chacun fait comme il veut. Ils ont choisi de faire comme ça, ils font comme ça, avec une démarche commerciale. Je pense que je préfèrerais faire autrement, mais ça ne me choque pas car s’ils ne le font pas, d’autres le feront à leur place sur ce même créneau. L’esthétique graffiti est maintenant reconnue par tout le monde et utilisée, présente partout, même dans les musées. Esthétiquement, ça a été digéré, je pense. C’est donc normal que des gens se mettent sur des créneaux totalement commerciaux. Il y a plein de graphistes qui font des trucs estampillés graffiti sans en avoir jamais fait dans leur vie. Et Birdy Kids, ce sont quand même des gens qui viennent du graffiti… Ça perd un peu de son sens premier, mais c’est une évolution.

La démarche de Banksy, grosse figure, ça a aussi aidé à démocratiser ?
Oui, totalement, des mecs comme Banksy ont aidé à banaliser le street art. Je différencie avec le graffiti. Pour moi, Banksy c’est vraiment du street art, une démarche artistique qu’il a mise dans la rue avec des messages… D’autres l’ont fait ou le font aussi, Banksy a été plus remarqué que d’autres. Je dirais même que Banksy, c’est du pop street art, c’est plus du pop art que du street art pour moi car il reprend Mona Lisa ou d’autres références qui résonnent auprès du public. Après, c’est fait dans la rue, dans une démarche un peu engagée mais le but c’est quand même de toucher un maximum de gens avec des images que tout le monde peut reconnaître.
Beaucoup d’artistes ont commencé dans la rue les années 60 et ne sont pas reconnus. Par exemple, au Conseil de Région, l’expo Georges Rousse : un artiste qui a passé sa vie à travailler dans des espaces urbains et qui n’est pas du tout connu du grand public.

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Il y a un engagement dans le street art, pas forcément politique ? Peindre dans la rue, pour toi, c’est une forme d’engagement ?
Il faudrait discuter avec des gens qui font vraiment du street art, mais pour moi, Oui, déjà. Pour la plupart, c’est faire au départ quelque chose qui est interdit, ce qui est déjà un engagement. Après, de vouloir montrer ce qu’on fait… Beaucoup de gens qui sont plus dans la démarche commerciale qu’artistique, des artistes qui se disent « je vais le faire dans la rue, comme ça ça permet de montrer ce que je fais et peut-être qu’après ça me permettra d’être connu grâce à ça », un tremplin. Perso, je le voyais comme un moyen simple de faire des choses et de les montrer, plutôt que d’aller monter une exposition.

C’est simple de trouver des lieux d’exposition ?
C’est assez simple de faire une exposition, au final : tu trouves un lieu, tu fais des productions et tu les montres. Tu n’auras peut-être pas systématiquement des galeries, mais il y a de nombreux bars par exemple où on peut faire une expo. Selon le lieu, ce ne sera peut-être pas vu par des centaines de personnes, mais tu peux le faire si tu veux montrer ton travail. Et le faire dans la rue, ça permet de le montrer à des gens qui ne vont pas forcément venir à une expo. Tu vas faire ça dans ton quartier, en bord d’autoroute…

Il y a des liens avec les communautés d’autres villes, des rencontres ? TomTom disait qu’il n’y avait pas de réseau global, qu’il s’agit de micro-communautés qui interagissent ponctuellement en fonction des projets…
Oui, c’est ça. Tu vas aller dans une ville, rencontrer quelqu’un, qui va ensuite te présenter ses potes… Ce sont de petits satellites, de petits réseaux. Les infos passent par bouche-à-oreille. Quand tu fais une expo, ça passera par ce réseau ou par le net. Mais pour ce qui est graffiti, ça ne passe pas trop par le net. Et puis comme on disait, je gravite dans d’autres réseaux comme l’édition, la musique, le réseau squat… et tout ce petit monde interagit, fonctionne. Pour le réseau squat, par exemple, les lieux, les gens changent, si tu lâches un peu tu ne connais plus les gens. Ces liens sont à échelle humaine, je trouve que c’est très important.

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Globalement les gens qui font du street art sont plutôt numérisés, et pourtant ce sont surtout des fanpages Facebook qui vont montrer les travaux des artistes, rarement les artistes eux-même. Malgré l’explosion des réseaux sociaux, j’ai l’impression d’un truc old school, en réseau de proximité, les artistes ne sont pas forcément dans l’auto-valorisation. Même ton Tumblr est assez confidentiel…
Oui, Tumblr est assez communautaire, il y a les gens qui te suivent qui vont aller voir, mais sinon il n’y a pas de diffusion comme sur Facebook ou Twitter. Le Tumblr me permet aussi de prendre un premier contact avec d’autres gens qui font ça. Je fais un Tumblr de graffiti, ça va rentrer en écho avec plein de gens qui s’intéressent à ça, qui en font aussi… C’est pas spécialement un support de com, c’est vraiment plus pour ces prises de contact. Facebook ça va être pour communiquer sur des événements. Je suis content de ne pas être tout le temps sur un truc d’ouverture, j’ai pas envie de voir tout le monde en fait. Je préfère choisir avec qui je vais interagir. Par exemple, sur Facebook, tu vas mettre une info et 3 000 personnes vont pouvoir la voir… Je ne suis pas dans ce truc de vouloir toucher tout le monde, c’est pas l’intérêt principal. Avec Facebook, quand tu es identifié comme graffeur, plein de gens vont te contacter alors qu’on ne se connait pas. Tu n’en finis plus. Sur Facebook, je dois avoir plus d’un millier d’ « amis », alors que je ne les connais pas. Facebook, je l’utilise quand je vais faire une expo ou relayer des trucs mais c’est pas une bonne plateforme pour vraiment créer des choses. Je ne vais pas poster « demain je vais faire une peinture, qui veut venir ? », ça n’aurait pas de sens.

Il y a de l’actu à venir ?
L’actu proche, c’est qu’on joue Le Vernissage au théâtre de Vénissieux début décembre 2014.

Et des projets ?
J’ai un projet de livre sur les signes, et un autre sur le graffiti, sur les gens qui dessinent, ça m’intéresse beaucoup. J’ai aussi un projet sur les photos des cellules de la prison St Paul que je voudrais vraiment faire aboutir avec le Genepi ou une autre asso qui fait de la médiation sur les prisons. J’aimerais vraiment le diffuser. On a fait un petit livre regroupant ces photos des cellules, avec nos moyens mais je pense qu’il y a possibilité de l’éditer en brochure et le diffuser, le distribuer plus librement, dans une optique d’archive, de patrimoine. L’univers carcéral m’intéresse, et là ça mêlait de l’art brut, un désir des prisonniers de marquer un endroit sans trop qu’on sache pourquoi. Dans l’art brut, il y a beaucoup d’artistes qui ont été en isolement, notamment dans le milieu psychiatrique hospitalier, et qui ont développé leur art par cet isolement, qui est un état vraiment particulier.

Dans les cartons, aussi, on aimerait bien monter un atelier avec Madame Lapin qui serait axé sur l’édition et la diffusion d’édition sur Lyon, car il n’y a rien d’alternatif, de fort avec une identité marquée tout en restant sur de l’alternatif, de l’indépendant. On voudrait aussi produire, évidemment. On voudrait être ouvert sur un quartier, participer à la vie de ce quartier. On a la volonté de rassembler une dizaine de personnes sur un atelier collectif, d’avoir une plateforme avec tous les moyens de production et que tout le monde puisse s’en servir. Ce qu’on avait déjà fait à Anthracite avec un atelier de sérigraphie, un atelier d’artistes, et tout le monde travaillait ensemble. Des artistes qui vont dans la même direction et qui peuvent aussi se compléter pour créer une grosse production collective.

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Ta cité, ta ville idéale en tant que graffeur, à quoi ça ressemblerait ?
Je crois que ce ne serait pas trop différent de n’importe quelle ville, en fait. On est plutôt cool, on peut faire ce qu’on veut, on ne risque pas trop grand chose. Ce qui me gêne, c’est ce truc de préférence d’effacer tel graff plutôt qu’un autre, mais sinon… C’est bien qu’on ait des contraintes, que ce ne soit pas autorisé. Je ne suis pas pour qu’on ait des espaces partout, qu’on puisse faire ça librement. Si les gens ont vraiment envie de le faire, ils le peuvent. Je n’ai pas trop de rêve d’utopie du street art. Au contraire, je pense que ce serait n’importe quoi si tout le monde pouvait en faire partout, j’aurais plus peur de ça !

Pour en savoir plus sur Totipote :

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