Vote FN : départements Vs. métropoles, une bombe à retardement ?

#Politique-fiction (enfin, j’espère) après ce 1e tour d’élections départementales qui voit au niveau national gauche et droite républicaines au coude à coude autour de 37%, et un FN à 25%. Taux d’abstention : 51%, ce qui aurait pu être pire…

Après deux semaines de sondages prédisant une large montée du FN et une abstention marquée, les résultats nationaux de ce 1e tour sont sans appel : de nombreuses listes FN seront présentes au second tour, notamment dans le Rhône. Si le FN n’est pas encore en position de rentrer en masse dans des exécutifs départementaux, c’est un pas de plus vers la normalisation du FN dans le paysage politique et à des seconds tours de scrutin. Du local au national, rien ne garantit qu’on pourra continuer à le contenir comme on l’a fait jusqu’ici, le ni-ni de l’UMP encourageant cette progression. Et si, à terme, les nouvelles métropoles étaient aussi en partie responsables d’une montée du vote FN dans leurs départements environnants ?

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Création des métropoles : à Lyon, l’absence de dialogue

Créées en catimini avec Michel Mercier (président UDI du département du Rhône depuis 1990) et présentées en décembre 2012, les métropoles ont été initiées en Rhône-Alpes par le sénateur-maire-président du Grand Lyon Gérard Collomb. Celui-ci est un ami de l’entreprise, et les métropoles sont destinées à favoriser le développement économique d’un territoire métropolitain défini, ça part donc d’un bon sentiment. Michel Mercier, dont la carrière politique est déjà bien entamée, a pour sa part préparé sa sortie : l’ancien Garde des Sceaux a quitté dans la foulée la présidence du Département pour la mairie de Thizy-les-Bourgs en janvier 2013. Bref, les arrangements entre élus que les citoyens apprécient de moins en moins et qui les font préférer la pêche aux urnes.

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Si Mercier laisse à ses successeurs la gestion du futur bébé, il a quand même négocié une centaine de millions d’euros versée au budget du Département par la Métropole au titre de la péréquation, soit autour de 20% du budget annuel fourni par la nouvelle entité territoriale. Un lien de dépendance envers la Métropole qui, espérons-le, ne posera pas problème lorsque la Métropole fera face à des décisions de réductions budgétaires. Mais qui incite aux déclarations de bonnes relations – intéressées – de la part des candidats départementaux envers les instances métropolitaines…

Passons aussi sur l’Hôtel du Département qui restera près de la Préfecture, dans le 3e arrondissement de Lyon. Le siège du Département ne sera donc pas sur le territoire du Rhône, dans une logique qui me dépasse un peu. Et qui fera peut-être aussi tiquer les rhodaniens, sur des élus qui auront clamé lors de la campagne électorale leur amour du département mais qui préfèrent siéger à Lyon plutôt qu’à Villefranche-sur-Saône.

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Métropoles Vs. départements : vers une France à 2 vitesses ?

Le projet initial des métropoles, orientées vers le développement économique représente-t-il, à terme, un danger, dans une lecture d’un territoire à deux vitesses partagé entre métropole et département. La métropole lyonnaise ayant été dessinée sur mesure, on peut se poser la question suivante : « si mon canton n’a pas été retenu pour intégrer la métropole, est-ce parce qu’il est sans intérêt économique d’après des élus, qu’il n’est pas assez attractif pour les entreprises ? Moi qui habite ce canton, quelle image me renvoie-t-on de ce territoire, et quelle image ont les métropolitains de moi ? » Sans parler des déclarations contradictoires sur la suppression des départements en hautes sphères.

Ce postulat de conception sur des bases économiques peut donner un sentiment d’exclusion à ceux qui ne sont pas dans le « bon » wagon. L’image d’un territoire à deux vitesses actée entre deux édiles, sans consultation de leurs assemblées respectives. Après le rejet de la politique bling-bling de Sarkozy, et la débandade d’un PS reniant/rognant son programme de 2012, la période est propice au vote protestataire, hélas plutôt tendance extrême-droite. Espérons que l’avenir me donnera tort sur cette inquiétude d’une croissance du vote FN dans les zones départementales françaises proches des métropoles…

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Une réflexion sur “Vote FN : départements Vs. métropoles, une bombe à retardement ?

  1. Si on ajoute la « sociologie » de certains de ces rurbains et la peur par télé interposée de campagnes où le conservatisme est encore très présent… :/

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