Élus 2.0 : du mauvais usage des réseaux sociaux (cas d’école) #compol

On l’a dit et redit, les partis et personnels politiques se doivent de soigner leur présence numérique dans leur stratégie globale de communication. Si de nombreux élus tiennent des blogs, leur boite à outil d’occupation du terrain virtuel passe aussi par le 2.0 via des pages Facebook ou des comptes Twitter.
C’est à Twitter que l’on va s’intéresser, avec un cas de mauvaise pratique à l’issue radicale et totalement improductive.

Cette activité 2.0 débute souvent suite à une échéance personnelle importante, le cas d’école étant le candidat en campagne. En quête de visibilité – et de voix, le candidat et son équipe de campagne multiplie les publications pour signaler sa présence à tel événement, sa rencontre avec tel soutien, son agenda médiatique…

Une fois l’élection passée, deux profils :

  • l’élu (ou pas) maîtrise l’outil et ses codes, et publie régulièrement son actualité, n’hésitant pas à échanger avec ses followers.
  • l’élu n’est pas un amateur du web, et a laissé filer son Community Manager. Twitter je n’y comprends rien/je n’ai pas le temps/j’ai perdu le mot de passe/c’est une mode, ça passera

Dans ce 2e cas, le compte tombe souvent en déshérence. Les publications ne se font plus que très épisodiques, le compte ne reprenant vie qu’à l’échéance électorale suivante. On ne peut que constater les dégâts, en terme de communication :

  • perte de l’auditoire qu’aura constitué la base d’abonnés captés à cette occasion (un abonné se désabonne d’un compte inactif, au bout d’un moment, et il faudra tout recommencer à la prochaine échéance pour le reconquérir)
  • image donnée d’un usage opportuniste des réseaux sociaux alors que le but était de montrer un candidat moderne et à portée d’échange avec les citoyens
  • risque de hacking de ce compte en friche

Le compte en friche est au final la pire des conséquences, car tant que le propriétaire du compte ne se rend compte de rien, des publications non désirées vont pulluler sans fin. Parfois dans le but de nuire à l’élu en postant en son nom des publications qui pourraient aller contre sa pensée. Parfois il s’agira de spam récurrents renvoyant vers des sites plus ou moins légaux, ou pornographiques.

Nous avons eu un cas d’école début février 2017 avec Michel Vergnier.

Michel Vergnier est député-maire de Guéret, dans la Creuse (23). Étiqueté PS, c’est un soutien de Benoit Hamon. Son ex-bio twitter indiquait qu’il avait créé son compte fin 2011 (bravo, même si ça sent le compte créé pour les législatives de 2012).

Souci : si le compte était bien @MichelVERGNIER, le nom de profil était Gabrielle Powell, et la PP celle d’une jolie demoiselle en maillot de bain. Les posts récents renvoyaient non pas vers l’actualité de Guéret ou de Benoît Hamon, mais plutôt vers du contenu pornographique, avec des publications explicites.

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En fouillant un peu, on se rend compte que la dernière publication réellement liée à l’élu date du 8 décembre 2016, un reportage télé sur Guéret. Ce dernier post était déjà bien esseulé, parmi les nombreux spams déjà bien présents.

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En fait, il faut remonter à mars 2014 pour retrouver un fil de publications normales. Mars 2014, soit la période des municipales, au moment où quelqu’un était aux manettes et veillait sur le compte.

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Ce 13 février 2017, de nombreux internautes ont signalé les publications anormales de ce compte d’élu, en faisant une curiosité pour la twittosphère.

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Mais il aura fallu un peu de temps à l’équipe de Michel Vergnier pour réagir. En effet, le compte publiait tranquillou des photos de Benoît Hamon qui déclinait ses propositions pour le secteur des éleveurs et des agriculteurs.

Un peu lent à la détente, mais finalement averti, Michel Vergnier publie ENFIN un message qui laisse à penser qu’il a compris ce qui se passait (il nous le confirme, d’ailleurs). Ouf.
Au passage, petit bug de Twitter qui a pris en compte la modification de la PP seulement dans le fil, mais pas sur la page de profil.

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Ah bah non, en fait.

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Du coup, une ultime solution est enfin trouvée. Un peu radicale, et qui va aussi passer par la perte du millier de followers.

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Conclusion : chers élus ou personnels politiques, si vous voulez être présents sur les réseaux sociaux, soyez-le vraiment, choyez votre communauté, ça ne pourra que vous être bénéfique sur le long terme.
Et surveillez vos comptes, sinon d’autres le feront pour vous…

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Une réflexion sur “Élus 2.0 : du mauvais usage des réseaux sociaux (cas d’école) #compol

  1. Pingback: Présidentielles 2017 : quand les agences de #compol maltraitent la data | toniolibero

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