Nouveau projet du Progres, épisode 1 : digital first et redressement économique

Enfin ! Le projet de réorganisation des titres du groupe Ebra a été présenté à la rédaction du Progrès. D’après les infos que l’on a pu glaner, les modalités opérationnelles de la réorganisation à venir sont encore à définir mais deux mantras se dégagent déjà : digital first et économies.

Ce mardi 11 octobre 2017, le nouveau directeur du Pôle Média du groupe Philippe Carli a rencontré au siège de Confluence la rédaction du quotidien lyonnais pour leur faire part du programme qui les attend.

Digital first : think global

La digitalisation du Progrès s’inclut dans un profond chamboulement qui inclut tous les titres de PQR du groupes Ebra (Vosges Matin, L’Est Républicain, L’Alsace, Dernières Nouvelles d’Alsace, Le Républicain Lorrain, Le Dauphiné, Le Bien Public, Le Journal de Saône-et-Loire, et donc Le Progrès). Au programme :

  • un plan de formations (une sensibilisation numérique qui avait déjà débuté depuis quelques années) pour une rédaction unique, qui produirait du contenu aussi bien pour la version papier que les versions numériques
  • une mutualisation des ressources via un pôle digital commun à tous les titres du groupe, en marketing, régie publicitaire, etc. Notons que des contenus communs – rédigés par le Bureau d’Information Générale [BIG] basé à Paris – existaient déjà, laissant parfois dubitatif sur la qualité proposée.

Le calendrier annoncé de cette digitalisation est connu : trois mois de consultations et d’entretiens afin de « définir l’ambition éditoriale et l’organisation cible », pour une mise en service opérationnelle d’ici la fin du 1e semestre 2018. Cette démarche est accompagnée par le cabinet BearingPoint, dont le siège est aux Pays-Bas, et qui aurait par le passé déjà collaboré avec d’autres médias sur ce type d’opération.

Des économies sur les coûts et de nouvelles recettes

110 millions d’euro en trois ans, voilà l’objectif financier affiché. Ce montant se décompose en une économie de 50 M€ (fermeture des centres d’impression de Moselle et d’Alsace, baisse de la pagination et de la masse salariale), et en 60M€ de recettes nouvelles via l’augmentation de 10 centimes des titres, une exploitation optimisée des marques du Progrès, poursuite et développement des événementiels, augmentation de la fréquentation du site et donc des recettes publicitaires, etc.

2015-03-Le-Progres-bureaux-Confluence-2

Un projet éditorial à définir

La direction souhaite faire du groupe le « leader pluri-média de la PQR », et produire « de l’information utile ». Si le contenu éditorial sera donc travaillé sur ces trois mois prochains, cela n’a pas empêché certains syndicats de marquer leur inquiétude sur ce point, signalant que journalisme et marketing ne sont pas toujours compatibles (le jargon marketing a apparemment été abondamment utilisé), ou pointant l’utilisation du terme « client » en place du « lecteur ».

L’autre point d’interrogation est, semble-t-il, social : la direction souhaiterait remettre en cause certains accords d’entreprise. Et quid des effectifs, dans des services déjà sous-dotés ? Des embauches sont prévues sur des postes à compétences spécifiques, mais a été confirmé ce qui était pressenti : des suppressions de postes sont à prévoir, plutôt sous forme de départs volontaires, moins coûteux qu’un plan social. Toutefois, rien n’est encore arrêté, des discussions sont prévues début 2018 à ce sujet. On le devine, le volume d’effectif des rédacteurs aura son importance dans la quantité et la qualité du contenu, à moins que la mutualisation soit aussi rédactionnelle et serve à compenser ces départs annoncés.

L’agence locale d’Ambérieu-en-Bugey dans l’Ain.

Rendez-vous début 2018, donc, pour le point d’étape sur la future organisation du titre. Ce sera l’occasion de comparer avec les modestes propositions orientées lecteurs que nous avions émises en septembre dernier. L’autre comparaison intéressante sera à faire avec le titre de PQR de la région Centre La Nouvelle République, qui propose une nouvelle formule depuis début octobre, là aussi orientée web.

NB : Le tour des rédactions de Philippe Carli est passé fin septembre par Strasbourg, où le projet a été présenté aux personnels de L’Alsace et Les Dernières Nouvelles d’Alsace. Rue89Strasbourg en a rendu compte ici.

 

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3 réflexions sur “Nouveau projet du Progres, épisode 1 : digital first et redressement économique

  1. Quid de la presse quotidienne regionale pour se faire un avis/une opinion ?
    Nécessité de faire du factuel, de la communication et du marketing, cela va donc être ça le futur du Progrès, je lirai toujours mais le temps du papier n’est pas le même que celui du numérique.
    Avoir un copier-coller m’intéresse peu :/
    Après mon ressenti est peut-être faux 😅

  2. Pingback: Digital First au Progrès : point d’étape avant un mois de janvier décisif | toniolibero

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