Pourquoi Le Progrès devient le supplément d’un supplément gratuit… du Progrès ?

L’édition du jour du Progrès était disponible gratuitement sur le site du journal, à la suite du traditionnel supplément numérique dédié à l’OL. Une stratégie pour toucher de nouveaux lecteurs ? Pas seulement…

Partenaire de l’OL, le Progrès participe à la fabrication de La Tribune OL, journal d’avant-match de chaque rencontre à domicile de l’OL, distribué par les stadiers le jour J à la JMArena. Ce supplément gratuit est aussi proposé par le quotidien local à tous ses lecteurs via son site internet ou son application mobile, les jours précédant l’événement.

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Ni une ni deux (ni trois-zé-ro, d’ailleurs), je télécharge le fichier PDF de ce supplément (enfin, on m’a conseillé de le faire). C’est joli, et surtout ça fait 48 pages. Hahou.* L’iconographie de l’édition est, comme à chaque fois, enrichie des chouettes clichés pris par les photo-journalistes du Progrès (la mise à dispo des photos de la rédaction fait  partie du deal entre le club et le journal, avec son impression sur les rotatives de Chassieu).

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Bref on en a d’autant plus pour son argent, en dépit de son accès libre, que l’on trouve en supplément de ce supplément gratuit… l’édition du jour du Progrès (l’édition Lyon-Villeurbanne, pour précision, à partir de la page 15).

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Une stratégie comme une autre pour toucher de nouveaux lecteurs même si le modèle économique interroge (après tout, c’est Lyon Plus, le gratuit du Progrès). Ce pack « supplément OL + édition du jour » existe en fait depuis des années, me dit-on, un modèle utilisé par de nombreuses rédactions.

On retrouvait déjà ce pack pour OL-Amiens lors de la 1e journée de L1 de cette saison et la mention de partenariat était bien apparente :

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Si on est un peu pointilleux, on remarque que l’on est dans la catégorie « article », même si la mention de partenariat est bien visible. Et « nos pages spéciales » peut prêter à confusion, alors que le rédactionnel de ce supplément est totalement pris en charge par le staff communication de l’OL. Par contre, la disponibilité de l’édition du jour est indiquée noir sur blanc.

Un retour sur le supplément de cette 3e journée (OL-Strasbourg) n’est pas inutile, après ces remarques :

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Entre la 1e journée et la 3e journée de L1, effet mercato : les mentions de partenariat et de l’édition du jour (pourtant bien présente dès la page 15, comme le confirme le PDF du 23 août 2018) ont disparu.
Peut-être que la rédaction a préféré épargner les nerfs de l’abonné qui se demande bien pourquoi il paye quand, à raison d’une présence sur le site de ce supplément pendant 3 ou 4 jours avant le match, il se dit qu’il pourrait économiser un bon quart de son abonnement mensuel. C’est aussi un jeu dangereux dans le contrat de confiance avec le lecteur, qui a priori ne va pas sur le site d’un média pour y trouver de la pub (mais qu’on laisse un peu dans le flou plus ou moins volontairement). Dans le contexte actuel de remise en cause des médias, c’est toujours un peu risqué, dans le fond.

Je pinaille sur des détails ? Pas totalement, car ces partenariats, comme les ventes groupées, ont un impact à une autre échelle :

  • l’accès gratuit au journal du jour est financé par le partenariat.
  • les éditions téléchargées sont comptabilisées dans les ventes, dans la limite du tarif du partenariat.
  • le tarif d’une édition numérique a été fixé à 0,25 € par l’Office de Justification de la Diffusion des supports de publicité (le fameux OJD).
  • l’OJD est l’organisme qui délivre les chiffres officiels de diffusion. Chiffres qui font foi dans la profession, et à partir desquels est calculée la tarification de la publicité.

Conclusion :

  • les partenariats permettent de gonfler les chiffres de vente au numéro
  • plus on déclare de numéros vendus, plus on vend la publicité cher

Quelles conclusions tirer de ces partenariats ? Leur ambiguïté vis à vis des lecteurs avait déjà été soulignée par les syndicats du journal, apparemment sans effet. Il semble que le choix des chiffres de diffusion et des tarifs pub prime sur une certaine transparence auprès d’un lectorat déjà si difficile à retenir. L’objectif d’en convaincre de nouveaux semble encore plus ardu, tant le lien de confiance à créer ne semble pas encore une priorité.

*ne vous méprenez pas, je reste avant tout supporter d’un autre Olympique situé un peu plus au Sud, et qui restera à jamais le premier club français champion du monde.

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MAJ 23/08/2018 à 18h : précision sur le fait que ce pack supplément + édition est une démarche volontaire qui existe depuis des années.
MAJ 24/08/2018 à 1h : refonte du billet avec l’enjeu OJD

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