Médias lyonnais et scrutins 2020 (ep. 5) : Pour Tribune de Lyon, un marathon et des Salades d’Or sous haute tension

Au sein de la petite rédaction de Tribune de Lyon, les campagnes électorales sont souvent propices à l’innovation, comme en atteste l’apparition de Salade Lyonnaise en 2014. Le scrutin 2020 ne déroge pas à la règle, avec une 3e édition des Salades d’Or qui se renouvelle avec humour.
Mais l’événement, organisé la veille du 1e tour dans un contexte déjà tendu entre les candidats, ne doit pour autant pas faire oublier le travail de fond effectué depuis des semaines pour présenter les enjeux d’un double-scrutin inédit. 

Marathon et dépassement de fonction

Cumuler un double-marathon pour couvrir ces élections municipale et métropolitaine, c’est le défi de l’équipe de Tribune de Lyon et son jardin annexe web Salade Lyonnaise. Car six journalistes, parmi les douze membres de la rédaction, produisent les papiers politiques, en plus d’écrire sur leurs domaines respectifs. Et encore, certains participent aussi au contenu de Lyon Décideurs, le nouveau mensuel du groupe Rosebud (maison-mère de Tribune de Lyon) dédié au milieu économique métropolitain et lancé en grandes pompes en ce début février. Le rédacteur en chef Antoine Comte commente cette surcharge d’activité avec un constat simple : “On est très attendu sur ces élections. Avant, Tribune de Lyon était un hebdo à teneur économique. Depuis 2014 et avec Salade Lyonnaise, on a beaucoup développé la couverture politique.”

Dans la version papier, où l’actualité truste la moitié de chaque numéro, la politique est effectivement encore plus présente depuis plusieurs semaines :

  • dans les rubriques du Saladomètre, du Tweet Clash et les Confidentiels,
  • dans la double-page “lieux et gens de pouvoir”,
  • dans des dossiers de présentation des enjeux par arrondissements puis par commune,
  • par le choix de l’invité de la semaine/“Déjeuner avec”, plus fréquemment qu’à l’habitude un élu ou un candidat…
  • et, évidemment, Salade Lyonnaise avec un contenu quotidien, avec 6-7 articles quotidiens sur les coulisses de la politique locale.

La conclusion s’impose comme une lapalissade : “On est un journal d’actualités politiques, indéniablement.” 

Quand, le reste de l’année, les dossiers traitent au moins une fois tous les trois mois de politique, là encore le rythme est plus soutenu en cette période électorale : un partenariat avec CANOL sur le palmarès de la gestion des communes, une interview-fleuve de Gérard Collomb, une enquête sortie cette semaine sur les modes d’attribution contre monnaie sonnante et trébuchante des têtes de liste dans le camp Collomb, un portrait à venir de Yann Cucherat, etc.

Un autre enjeu se dessine aussi en filigrane, partagé par de nombreuses rédactions locales : “C’est un double scrutin, on a fait un mode d’emploi sur les élections métropolitaines, j’en parle aussi dans les éditos en donnant les deux dates, en précisant que c’est un double-scrutin. Mais c’est compliqué de faire de la pédagogie.” En effet, le principe et le déroulement de ce double-scrutin ne semble pas toujours clair pour les électeurs, peu aidés il est vrai par de nombreux candidats présents sur les deux listes pour la ville et la métropole…

Outre le print et le web, Tribune de Lyon est aussi partenaire de BFM Lyon sur l’émission politique du jeudi soir, qui a vu défiler tous les principaux candidats. Sont encore programmés Sandrine Runel (La Gauche Unie) ce jeudi, puis Alexandre Vincendet (LR) le jeudi suivant avant de passer à deux débats avec quatre candidats en plateau (un débat métropole, un débat ville), et un débat d’entre-deux tours le 19 mars. Cet agenda télévisuel se compose en bonne intelligence avec France3 AURA, qui organisera aussi des débats en partenariat avec Le Progrès. Ces émissions avec BFM, “c’est un autre rendez-vous avec nos lecteurs, et on reprend dans nos colonnes ce qui est dit dans l’émission”.

Ce partenariat avec BFM Lyon devrait permettre de suivre en live les deux soirées électorales, et perdurera après les élections, pour une raison simple : “De nouveaux élus, de nouveaux enjeux, peut-être un nouveau maire ou un nouveau président de la métropole… Il y aura toujours de l’actu politique, car ça ne s’arrête jamais”.

SALADES D’OR, EP.3 : “le soir où on a élu le maire de Lyon un peu en avance”

Pour Tribune de Lyon, le temps fort de ces élections sera la troisième édition des Salades d’Or, le lundi 9 mars au Transbordeur. Soit quelques jours avant le 1e tour prévu le dimanche 15 mars. Double pression pour l’équipe, entre la tension qui règnera à la veille du scrutin et le fait de passer des 320 places de la Comédie Odéon à la jauge de presque 500 places prévue au Transbo. Deux cents places sont réservées aux abonnés, le reste étant pris d’assaut par les candidats de tous bords et leurs équipes, à l’occasion d’une soirée où tout le microcosme politique local sera là. Le doute subsiste encore pour Laurent Wauquiez, dont la présence susciterait de nombreuses interprétations en vue des alliances à prévoir au second voire au troisième tour, ainsi que sur la participation d’un Gérard Collomb parfois en froid avec la rédaction ou qui n’a pas pu assister aux éditions précédentes pour des raisons d’agenda.

« tiens, un SMS de Fouziya »

Co-animateur de la soirée avec Luc Hernandez, Antoine Comte veut rester serein : “On a la pression : c’est la dernière ligne droite de la campagne, et la scène est impressionnante. Il ne faut pas qu’on se laisse dépasser par les événements, Il faut que ça reste bon enfant. Le risque est que ça se transforme en tribune politique, et cette année, ça risque de tourner au règlement de comptes. Il faudra qu’on équilibre, sans pour autant couper les micros. Et qu’on ait beaucoup de répartie !”

Pour mettre l’ambiance entre les prix, pas de Julien Santini – retenu par son succès grandissant, mais des pastilles musicales avec des DJ comme Laurent Garrido, “une espèce d’humoriste musical”, ou un battle de rappeurs, des intervenants musicaux issus de la scène locale et choisis avec Cyrille Bonin, le boss du Transbo. Des clips vidéo humoristiques seront aussi diffusés.

Mais l’objet de cette soirée, ce sont bien évidemment les prix et le jury. dont la parité sera plus que respectée au lendemain de la journée de la Femme :

  • Marie-Sophie Obama, présidente déléguée du club professionnel Lyon ASVEL Féminin
  • la startuppeuse Jade Le Maître, co-fondatrice de Hease Robotics
  • Nicole Bornstein, la présidente du CRIF Rhône-Alpes
  • l’ex-député et futur-ex-conseiller municipal Thierry Braillard, qui a annoncé son retrait de la politique
  • l’avocat Farid Hamel, ancien bâtonnier du barreau de Lyon

Si la cérémonie sera l’occasion d’une rétrospective de l’année, les prix attireront comme chaque année toute l’attention. Si la liste des cinq nominé.e.s de chacun des prix est tenue secrète, on connaît par contre les noms des récompenses qui seront remises : on retrouve les habituels coups de gueule, de maître, de pompe et d’un soir. Le Grand Prix du Jury est, lui, abandonné, au profit de deux petits nouveaux : le coup de Trafalgar et le coup du meilleur look de l’année, en partenariat avec le magazine féminin Lyfe, autre titre du groupe Rosebud. Les candidat.e.s à ce prix ont été sélectionné.e.s par la rédaction de Lyfe sur les critères de mode ou d’apparence physique, “comme la barbe de Wauquiez ou l’imper de Kimelfeld, par exemple”.

Conciliabule de troisième tour ? Non, concertation sur le choix des costumes pour éviter de recevoir le coup du meilleur look de l’année pour de mauvaises raisons.

L’un des grands moments de la soirée sera aussi… l’élection du maire de Lyon. Explications d’Antoine Comte : “à leur arrivée, les gens voteront dans une urne pour les candidats à la ville, et en fin de cérémonie le nom du maire de Lyon sera révélé. Et on remettra un prix au maire élu lors de cette soirée. Avec 500 votants, c’est presque autant qu’un sondage !”

Primé lors des deux précédentes éditions, Georges Képénékian réussira-t-il le triplé ?

Quant à la discrète star de la soirée, elle est aussi locale. La salade qui sera remise est une laitue feuille de chêne bio, élevée à la LED dans son petit potager connecté, en provenance de la start-up “Véritable” basée à Rillieux. Une production locale, à l’image de la soirée.

Les épisodes précédents de cette thématique “Médias lyonnais et scrutins 2020” sont à retrouver ici.

2 réflexions sur “Médias lyonnais et scrutins 2020 (ep. 5) : Pour Tribune de Lyon, un marathon et des Salades d’Or sous haute tension

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