Gérard Collomb, du maire bâtisseur au maire démolisseur

Tout la classe politique était prête à lui faire une sortie avec les honneurs, mais Gérard Collomb, autant respecté que craint par ses collaborateurs et ses opposants, a hélas choisi de virer à la caricature de lui-même à l’aube d’un bien particulier 2e tour de scrutin. Le grand maire et architecte de la métropole de Lyon n’en finit plus de ne pas vouloir se retirer, préférant casser son jouet et ceux des autres. 

L’enfer, c’est les autres

Avec cet accord décrié avec LR passé le 28 mai dernier avec fracas (et sans grand entrain à droite), l’ex-PS puis ex-LREM a entraîné avec lui ses derniers fidèles dans une bien dangereuse sarabande. Et on peut se questionner sur le bénéfice qu’ils tireront à se retrouver au sein de groupes municipaux et métropolitains dont le ton sera donné par LR. On imagine le peu de considération qu’ils y trouveront avec les élus de droite, tout comme on peut s’attendre à une froide application de la distanciation sociale de la part de leurs anciens camarades côtoyés sur les bancs du PS ou de LREM au fil des années. Un confinement qui ne s’arrangera pas si Gérard Collomb les abandonne en cours de mandat pour une retraite bien méritée.

Lors de la campagne municipale de 2001, Gérard Collomb faisait imprimer des tracts « non à l’homme qui a vendu son âme au diable », surfant sur la vague anti-Millon de 1998, après son alliance avec le FN pour diriger la Région. 19 ans plus tard… (in Gérard Collomb, le baron rebelle de Régis Guillet)

L’ex-temps béni de la Collombie

Une page s’était déjà tournée depuis le retour de Gérard Collomb de Beauvau, à l’automne 2018, avec l’esquisse de la fronde intestine menée par un David Kimelfeld à l’aise aux manettes de la métropole et un Georges Képénékian applaudi par les élus de tous bords au moment de rendre l’écharpe municipale au revenant.

Les choses ne s’arrangeaient pas avec le passage éclair de Caroline Collomb à la tête de la fédération LREM du Rhône : la méthode dirigiste qui avait fait ses preuves à la tête de la fédé PS du Rhône n’a cette fois pas fonctionné, trop contraire à la philosophie collaborative clamée par le nouveau parti. Dans ces deux cas, un même bilan : une fracture interne. Et cette union avec la droite fraîchement accueillie en interne a fait autant tanguer dans les deux camps qu’elle peut aboutir à l’assimilation-dissolution d’une bonne partie du groupe LREM local dans ce nouveau groupe.

Avec cet accord avec François-Noël Buffet, c’est cette fois le livre de la puissante Collombie qui se referme. Gérard Collomb perdra la main sur son son bébé, la métropole, et porterait un nouveau coup négatif à son image s’il se substituait à Yann Cucherat – dont il a porté la candidature à la ville au nom du renouveau – s’il tentait un dernier coup de poker en présentant sa candidature au 3e tour des deux assemblées. Cette alliance Collomb-LR lui aura fait perdre l’étiquette LREM, et une partie du respect que sa carrière continuait d’inspirer.
Inimaginable auparavant, les langues commencent à se délier dans la presse. De nombreux proches et fidèles, bien aidés par le prétexte de la campagne électorale, le quittent par la grande ou la petite porte.

Au regard de son œuvre, Gérard Collomb ne méritait pas de terminer sa carrière ainsi. Et une forme de tristesse teint les commentaires d’un microcosme politique qui se désole de voir ce maire bâtisseur ainsi déboulonner tout seul la statue qu’il s’était construite. “Gérard Collomb n’a qu’un seul amour, Lyon”, a-t-on pris l’habitude d’entendre. Les histoires d’amour ne finissent pas toujours mal en général, de nombreux lyonnais souhaitent qu’elle se termine avec dignité. Au nom de leur propre amour et fierté pour cette ville et tout ce qui a été accompli pendant ces trois précédents mandats.

Une réflexion sur “Gérard Collomb, du maire bâtisseur au maire démolisseur

  1. Je vais me répéter mais un dicton lyonnais dit : « Qui perd Lyon, perd la raison »… C’est peut-être ce qu’il s’est passé quand il est parti à Beauveau 😛
    Y a quelques années quand je votais encore à Lyon (pour les municipales), j’avais fait fait ce billet http://www.littlecelt.net/5-raisons-qui-firent-de-gerard-collomb-un-bon-maire-de-lyon/, il est toujours valable mais est-ce que ce mandat qui s’achève n’avait pas été celui de trop comme je le laissais supposer (à mon tout tout petit niveau) dans cet autre billet http://www.littlecelt.net/5-raisons-pour-dire-non-a-collomb-en-2014/
    D’un point de vue stratégique, c’est vrai que cela est difficilement compréhensible dans ma tête d’électeur lambda, cependant politiquement, certaines sensibilités de LR de centre-droit (s’il en subsiste) ne sont pas pour me déplaire.

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